Quelques secondes d’une chanson pop entrainante font de cette scène de The Rover un fulgurant concentré de ce que ce satané film a à nous dire et de la métamorphose de Pattinson
Dans le monde en déréliction qui sert de décor à
The Rover Robert Pattinson
évolue comme un pur produit de son époque, 10 ans après le shutdown de
l’économie occidentale. Un survivant permanent qu’on imagine mal se
détendre au son d’un hit de dancefloor. Quand
Pretty Girl Rock de
Keri Hilson démarre, le son arrive avant l’image de cette scène de rien
du tout qui se révèle pourtant aussi entêtante que cet irrésistible
morceau.
Pattinson est assis dans sa bagnole, fredonne d’une voix
fluette le refrain pendant quelques secondes et c’est un peu du monde
normal qui réapparait, le monde dans lequel des gamins de 20 ans
dodelinent de la tête en reprenant des paroles à la con sur des rythmes
entrainants. Si
The Rover sidère par la puissance avec laquelle
il réveille les angoisses enfouies dans la psyché collective, cette
scène évoque mieux qu’aucune autre à quel point la déréliction nous est
proche. L’ancien vampire glabre et propret y est vêtu d’un tee-shirt
crade, sa blessure pisse régulièrement le sang et il est seul au monde.
En lambeaux et magnifique, il nous demande l’amour. « It’s not my fault
so please don’t trip/ Don’t hate me because I’m beautiful ».
Source : Première